Les sources d'inspiration du Douanier Rousseau
Le Douanier Rousseau n'est jamais allé au bout du monde. Cependant, ses scènes de jungle sont empreintes d'un exotisme coloré.
Le mythe du peintre voyageur, s'inspirant d' expéditions mexicaines a été alimenté par Guillaume Apollinaire et ... par Henri Rousseau lui même, si l'on en croit les écrits des premiers biographes du Douanier, qui l'auraient connu de son vivant, et auraient relatés ses propos.
Quoi qu'il en soit, ses voyages se limitaient principalement aux campagnes à proximité de Paris, aux quais de la Seine, et au Jardin des Plantes.
Pour réaliser les animaux, Henri Rousseau utilisait un album de "Bêtes Sauvages" des Galeries Lafayette. Jaguars, panthères, flamants ont donc été copiés, voire reproduits à l'aide d'un pantographe.
Néanmoins, la promenade au Jardin des Plantes, qui comportait déjà à l'époque une ménagerie, a pu inspiré nombre de ses tableaux, en particulier Joyeux farçeurs qui représentent plusieurs singes.

Quant à ses décorations florales, on peut s'étonner quelquefois de leur luxuriance. Mais la nature regorge de trésors exceptionnels comme en témoigne ce massif d'anthurium.

Ci contre, Combat de tigre et de buffle (1908) trouve son origine dans une gravure issue de la revue L'Art (1906) .
Les ouvrages, revues et albums décrivant la vie sauvage sont largement illustrées de gravures. Il est à noter la similitude de représentation, par exemple, entre ce détail de  "Le lion ayant faim..." et ce jaguar issu du Jardin des Plantes - Description et
moeurs de la Ménagerie et du Museum d'Histoire Naturelle de M. Boitard
Représentation d'un détail du "Repas du lion" et 'un extrait du Magasin Pittoresque (Yuccas)

Henri Rousseau, correspondant du Petit Journal, a probablement été fortement inpiré par cette presse dont la une était consacrée aux faits marquants et extraordinaires de cette époque : ci-contre et le Petit Journal du 29 Septembre 1895 et le Journal des Voyages du 27 Février 1898.